scott fields

Scott Fields, musician

Frail Lumber

Les cordes de Scott Fields ont de la suite dans les idées et le sens des hautes voltiges. Leur nature première se nomme inquiétude, leur seconde dissonance. Elles ne savent que se mêler et pulvériser le contrepoint naissant. Ces cordes disent la menace et la désorganisation. Elles activent de bien étranges circulations: lignes fuyantes en transit (Ziricoté), masse hurlante ne trouvant jamais d’échappée (Koa), basse continue brésillée par de bruitistes guitares (Paulownia), archets hurlants de terreur (Cocobolo), entorses fulminantes (Bubinga). Ici, l’alphabet du désagréable trouve son idéal dictionnaire. 

Ces cordes saillantes et cisaillantes, oppressantes, menaŤantes, le sont grâce à Mesdames Jessica Pavone et Mary Oliver & Messieurs Scott Fields, Daniel Levin, Axel Lindner, Scott Roller, Vincent Royer et Elliott Sharp. On souhaite vivement les réentendre. — Le son du grisli


Minaret Minuets

J’aime ce duo pour ses éclats et son franc-jouer. J’aime ce duo parce que les harmoniques de l’un et de l’autre sont fielleuses à souhait. J’aime ce duo parce que leur liberté d’action est immense. 

J’aime ce duo parce gu’ils ne débordent jamais pour rien. J’aime ce duo parce que leur musique a oublié d’être agréable. J’aime ce duo parce que le coupant entre dans leur royaume. J’aime ce duo parce qu’ils envoient valser la joliesse aux oubliettes. J’aime ce duo parce que l’un ne récupère ou ne copie jamais l’autre. J’aime ce duo parce que leurs thèmes sont sinueux, toujours à la limite de la sécheresse. J’aime ce duo parce qu’ils connaissent l’exacte définition de la saccade. J’aime ce duo parce que quand l’un grouille, l’autre bourdonne. J’aime ce duo parce qu’en soixante-dix minutes, je n’ai jamais connu une minute d’ennui. 

Vous l’aurez compris: j’aime ce duo. — Improjazz


OZZO/Moersbow

A Cologne, Scott Fields dirige un ensemble de vingt-quatre musiciens (dont font partie Frank Gratkowski, Carl Ludwig Hübsch, Thomas Lehn, Matthias Schubert) et argumente sa conduction d’une fluidité exemplaire. 

Ici, continuité et exploration d’une texture contenue (Moersbow en hommage à Merzbow) ; ailleurs, séparation des cuivres et des cordes avant réunion ténébreuse des deux entités ; plus loin, percées solitaires et retrouvailles en forme d’unissons salvateurs. Et dans tous les cas de figures, une justesse de ton et de forme ne s’encombrant d’aucune démonstration de force ou de virtuosité inutile. — Le Son du Grisli